Il est né le divin enfant [ACCOUCHEMENT – MILK]

Celui avec le début de la fin et la fin du début.

Mieux vaut tard que jamais. Ce n’est donc que 4 mois (et des bananes) plus tard que je reviens sur ma fin de grossesse et l’arrivée de mon mini-Biquet parmi nous. Cet article a deux objectifs. Tout d’abord, égoïstement, je souhaiterais garder une trace de ces événements. Ensuite, j’ai eu la chance de vivre une naissance « voie basse » après une césarienne et mon témoignage pourrait, qui sait, servir à une maman dans la même situation que moi.

Pour mini-Biquette, j’ai été très en forme jusqu’à la fin de ma grossesse. Les premières contractions que j’ai ressenties ont été celles du travail. A 8 jours de l’accouchement je montais encore à pieds les 4 étages qui me mènent à mon bureau.

Une grossesse n’est pas l’autre et mon troisième trimestre de grossesse pour le petit a été marqué par la présence de contractions régulières et fréquentes, toutes les 5 à 10 minutes, des bains à gogo (ça marche pas), un passage nocturne en urgence à la maternité, de multiples monitorings, le retour de la progestérone, la limitation des trajets en auto et un attachement tout particulier à mon canapé. Pour autant, bébé ne descendait pas et le col restait bien fermé. Ajoutez à ça une pelvimétrie limite et une préférence de ma maternité pour ne pas déclencher sur un utérus cicatriciel, une césarienne est programmée à 40 SA+1.

Le 30 janvier nous avons rdv à la maternité pour un énième monitoring et une échographie avec le doc McGentil. Pour la première fois depuis près de 3 mois le monitoring ne montre aucune contraction. Bébé va bien mais est toujours bien haut. Peu de doute pour le doc, en route pour la césarienne 12 jours plus tard.

Je ne souhaite pas une naissance voie basse à tout prix. Biquet et moi sommes préparés aux deux éventualités. Si le travail devait se déclencher naturellement le plan est de partir vers une césarienne semi-programmée : on met tout en place pour une césarienne dès mon arrivé à la maternité mais on tente la voie basse. Au moindre problème, zhou en salle d’opération. Nous espérons par contre très fort que Biquet pourra cette fois-ci être présent à mes côtés. Il  a signé les papiers nécessaires à l’avance et l’anesthésiste a noté en grand sur notre dossier ce souhait.

Nous passons un réveillon très agréable à la maison avec mes parents. On annonce de la neige pour les jours qui suivent. Ça m’inquiète un peu. Par chez nous, neige rime avec conditions de circulation désastreuses (mes parents s’en souviennent encore pour ma naissance, lors d’une tempête de neige en janvier, quasi 35 ans auparavant). De plus, mes beaux-parents qui doivent venir chercher la petite lorsque nous partirons à la maternité ne savent pas rouler pas sur la neige.

C’est le premier jour de l’année 2017. Je flippe car ni le berceau ni le parc ne sont montés. Il est 14h30, la chambre du bébé est enfin prête. Les contractions reviennent en douceur. J’envoie Biquet qui tient absolument à ce qu’on aille se balader en famille chez ses parents. J’insiste pour qu’il prenne la valise de la petite avec, ne sait-on jamais. Le début du travail semble se confirmer. Les contractions sont de plus en plus fortes et fréquentes. Vers 20h je téléphone à la maternité alors que les contractions ne sont séparées que de 4 minutes. On me dit de venir tout de suite et on lance le fameux plan « césarienne semi-programmée ». Boréal, Biquet est encore chez ses parents. Tout zen, il me demande si je peux attendre qu’il prenne le dessert (Naaaan, y’a déjà 35 minutes de route jusqu’à la maison et environ 20 de la maison à la maternité). 22h, nous arrivons à la maternité. Les contractions se suivent sans cesse et je douille bien. Col ouvert à seulement 2 doigts malgré la fréquence et l’intensité des contractions. Ça craint pour la suite… On m’installe rapidement la péridurale, obligatoire dans notre plan.

Contre toute attente, le travail évolue normalement (on parle de moi là ?). La poche des eaux est percée. Bébé descend et le col s’ouvre. Je suis la seule patiente de la maternité. La sage-femme, l’anesthésiste et le gynéco m’accompagnent en toute zennitude. C’est une belle nuit.

Je sens malgré tout que cette tentative d’accouchement voie basse après une césarienne n’est pas sans risque. J’ai des capteurs partout, y compris dans l’utérus. Bébé ne supporte plus trop les contractions. On me met sous oxygène et bébé hérite d’un capteur direct sur la tête.

Le 2 janvier, 3h environ. Ouverture complète du col. En route pour la voie basse. Je verse quelques (litre de) larmes. Boréal, on l’a fait !

La péridurale a été stoppée depuis un moment afin que je sente l’accouchement. Pourtant, jamais je ne ressentirai ce besoin impérieux de pousser que d’autres décrivent. La douleur est bien présente, en particulier au niveau de ma cicatrice de césarienne. Je dois pousser contre cette douleur, Biquet est à mes côtés et m’encourage.

Soudain, nous voyons la tête du gynéco changer. Il dit quelques mots à la sage-femme. Sa tête change aussi. Nous demandons ce qu’il se passe. On ne nous répond pas. Nous comprendrons plus tard qu’à ce moment-là nous avons été à deux doigts (héhé) de partir en salle d’opération. Tout se passe alors très très vite. Le stress est palpable. Plus personne ne parle ou ne plaisante. Le doc m’explique qu’il va devoir utiliser les forceps. La tête du petit est coincée dans la partie inférieure de mon bassin, particulièrement étroite. J’entends le grand « chlac » de l’épisiotomie (« d’un bout à l’autre » me dira la sage-femme qui fera les soins les jours qui suivent). Sur les 2-3 contractions suivantes le petit est décoincé et sorti. Il est 3h55 ce 2 janvier 2017. Dehors, il neige à gros flocons.

On le pose sur moi. C’est le plus beau moment de ma vie. Rien que pour ces quelques secondes je voudrais ré-accoucher. Je chiale (encore). Le petit est tout mou. Le pédiatre l’emmène. Mini-Biquet a un peu trop bu la tasse. Son score Apgar n’est pas très bon et diminue à la deuxième évaluation. Ça dure, longtemps.

Pendant ce temps, le doc procède à une révision utérine pour vérifier l’état de la cicatrice. Ouf, tout va bien. On me recoud, ça semble n’en plus finir. Le doc me prévient que je le détesterai dans les jours qui suivront (je confirme).

Le petit est à nouveau dans mes bras. Il est encore un peu faible et chouine doucement. Il nous paraît minuscule. Ça y est, nous sommes 4 ❤

Un heureux concours de circonstance a fait que j’ai pu accoucher par voie basse: un déclenchement naturel du travail avec un peu d’avance, un bébé un peu plus fin que sa grande sœur, un médecin expérimenté qui a su rapidement prendre une décision. Je suis heureuse d’avoir pu vivre ce moment unique. Néanmoins, tout est passé de justesse et a posteriori, avec les informations que nous avons à l’heure actuelle, la solution la moins risquée pour le bébé et moi aurait probablement été la césarienne programmée.

Je n’ai pas trouvé les suites de couches tellement plus faciles qu’après la césarienne. Comme prévu, j’ai beaucoup maudit le doc et l’épisio. J’ai dû tester plusieurs anti-douleurs avant d’en trouver un qui fonctionnait et les poches de glace ont été mes amies pendant quelques jours. Sans rentrer dans les détails, à l’heure actuelle, j’en suis encore à me demander comment il est possible de faire un enfant sans PMA après un accouchement dit « naturel ». Le petit a aussi mis un temps avant de se remettre de l’accouchement. Des nausées et vomissements l’ont fait souffrir. Les débuts de l’allaitement ont été un peu chaotiques.

Aujourd’hui, nous allons bien et c’est l’essentiel.

Et il y a ces quelques secondes où mon petit a été posée sur moi, cette bouffée d’émotions qui restera à jamais gravée dans ma tête et dans mon cœur.  

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31 réflexions sur “Il est né le divin enfant [ACCOUCHEMENT – MILK]

  1. alicebvmcd dit :

    Quel bel article tout plein d’émotion !… j’aurais adoré bénéficier d’une VB pour mon petit F. mais c’est finalement une nouvelle césarienne qui aura été décidée « en urgence » à mon plus grand regret…. (les guillemets ont leur importance je ne saurais jamais si l’indication était justifiée mais peu importe).
    Ravie de lire qu’aujourd’hui tout va bien malgré des débuts un peu difficile…
    j’espère que ces qq secondes gravées dans ton cœur valent pour toi le coup d’avoir vécu ces débuts douloureux…
    grosses bises

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    • Biquette dit :

      Merci ❤

      Les guillemets sont plein de sens. Il faut faire confiance à l'équipe médicale qui n'a a priori (avant la naissance je veux dire par là) qu'une partie de l'information. A posteriori, on se dit 'on aurait pu faire mieux mais, avec des "SI"s 😉

      J'espère que tout se passe bien de ton côté aussi. Finalement, l'accouchement ce n'est que la toute première page d'une longue collection de livres.

      Gros bisous

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      • alicebvmcd dit :

        Tu as raison et c’est une bien jolie image… et c’est au fur et à mesure que la collection se constitue que l’on se rend compte chaque jour à quel point elle est merveilleuse !!!
        😘😘😘

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  2. Marieand dit :

    Et bien je pense qu’en gros nous avons eu le même vécu pour nos accouchements : une césarienne d’urgence pour le premier, sans le Papa, et une voie basse mi-figue mi-raisin pour le deuxième … Je suis d’accord avec toi, les suites de couche après une grosse épisiotomie ne sont pas beaucoup plus faciles qu’après une césarienne, mais ça vaut tellement le coup juste pour ces quelques premières secondes avec notre bébé contre nous, avec le Papa … ❤
    Profite bien de tes deux trésors !

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    • Biquette dit :

      Je retiens que malgré les difficultés nous avons toutes les deux la chance d’avoir deux beaux enfants en bonne santé dans les bras ❤ ❤
      Rentrée à l'école aussi pour ma puce en septembre. Même si elle a l'habitude de la collectivité avec la crèche, ça va quand même être un gros changement… (et surtout pour nous. mais il est où mon bébé???)
      Gros bisous

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  3. tinkieginie dit :

    Quel joli récit malgré les petits couacs heureusement bien vite effacés par la bonne santé de votre petit bouchon et le nouveau bonheur d’être 4!
    Profitez de tous ces jolis moments, gros bisous ma belle ❤

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  4. ciconiatenvapas dit :

    Merci pour ton témoignage Biquette…! Je suis dans le même cas de figure que toi… et j’avoue que je ne sais pas dire si ton expérience me rassure ou me fait peur… :-S
    Bref je verrai ce que dit mon obstétricienne… il me reste encore 3 mois 1/2 !
    Gros bisous à toute la petite famille !!! 🙂

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    • Biquette dit :

      Un cas n’est pas l’autre, heureusement 😉 Là où mon bassin n’a pas pu s’agrandir entre mes deux grossesse, il y a des chances non négligeables pour que ton magic cigogneau se retourne dans les temps et que tu aies droit à un bel accouchement voie basse. C’est tout ce que je te souhaite ❤
      Gros bisous ma belle

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  5. maxelie dit :

    Je n’ai pas du tout le même regard que toi sur l’hypermedicalisation de la voie basse après césarienne mais chacune doit pouvoir choisir l’accompagnement qui lui correspond et je suis ravie de voir que ce fut une belle naissance pour toi. En tout cas je n’ai pas eu d’épisio mais une déchirure et sans que ce soit comparable je te rejoins pour dire que les suites de couches ne sont pas vraiment plus simples en voie basse! (Je te rassure on finit par reprendre une vie intime comme avant!)

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    • Biquette dit :

      Comme je le disais à Ciconia, je crois qu’un cas n’est pas l’autre. Dans notre situation, je suis heureuse d’avoir pu bénéficier de l’hypermédicalisation. Nous avons malgré tout vécu une très belle nuit avec un personnel médical présent mais pas envahissant. Pour la petite, on nous a dit après la naissance que si nous avions choisi un accouchement à domicile le bébé n’aurait probablement pas survécu, ça donne à réfléchir.
      Merci pour tes propos rassurants. J’espère que d’ici pas trop longtemps je pourrai à mon tour rassurer une maman qui flipperait sur ce point 😀
      Gros bisous

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      • maxelie dit :

        A moi aussi on m’a dit que c’était dangereux, qu’on aurait pu mourir etc… Les discours sont très flippants concernant les accouchements à domicile, même sans utérus cicatriciel. Mais même sans aller jusque là, peut être que si les accouchements en structures étaient déjà plus physiologique, de part la liberté de position de la maman, pouvoir manger et boire un minimum, arrêter injecter toutes ces « drogues » par principe de précaution… On réapprendrait tout simplement à mettre la maman au cœur de l’accouchement. Et laisser le bébé atterrir en douceur en peau à peau, éviter de le manipuler au maximum, ne pas le sonder dans tous les orifices possible, le collyre dans les yeux…. Mais c’est un autre sujet!
        NB: pour ton épisio tu a vu avec une sage femme ou une ostéopathe comment assouplir la cicatrice? Voir s’il n’y a pas des adhérences qui occasionnent les douleurs?

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        • Biquette dit :

          Nous avons vu ça avec la sage-femme effectivement 🙂
          Quant à l’accouchement « physiologique », si on parle d’un accouchement où maman peut bouger, autorisation de boire et pas d’injection de drogue alors je n’en n’étais pas si loin. J’ai accouché dans une petite structure en Belgique, loin d’une usine à bébés (seul accouchement ce jour-là). L’organisation de nos maternités est assez différentes, pas de niveaux 1-2-3 etc.

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  6. Alisore dit :

    Je suis contente d’avoir de tes nouvelles et surtout de lire qu’après ces suites de couches difficile bébé et toi allez bien aujourd’hui ❤️; ton accouchement me rappelle un peu le mien (à part qu’il a vraiment traîné en longueur parce que ma puce ne s’engageait pas); bien coincée aussi et sortie violente aux forceps (j’avais du mal à ne pas glisser moi-même !); je ne l’ai pas eu sur moi ils ont dû l’emmener de suite pour l’aspirer puis la mettre en couveuse et c’est un manque que j’aurai toujours je crois. J’espère pouvoir « me rattraper » pour le prochain !😉
    Je t’embrasse bien fort jolie Maman 😉❤️

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    • Biquette dit :

      Je te souhaite très très fort d’avoir ce peau à peau direct avec ta belette-bis. c’est vrai que c’est un moment très émouvant.
      Pour la petite, c’est le papa qui a fait le peau-à-peau. Par contre je me souviens encore de la vague d’émotions qui m’a envahie quand j’ai senti qu’on sortait le bébé de mon ventre et que j’ai entendu son premier cri. Rien que d’y penser j’ai la larme à l’œil
      Gros bisous à toi aussi ma jolie ❤

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  7. madamerenard76 dit :

    J’étais passée à côté de l’annonce de la naissance de Mini-Biquet… la honte. Alors, trop tardivement… félicitations et bienvenue à lui qui doit déjà avoir bien grandi!!
    Bravo à toi pour cet accouchement par VB, tu sembles avoir été si sereine malgré les circonstances… chapeau!
    En ce qui concerne la vie de couple après un accouchement avec grosse épisio/déchirure, je sais que tu as l’impression que ça sera toujours comme ça, mais ça revient, doucement parfois mais sûrement! Même pour moi et mes suites « compliquées » c’est revenu presque à la normale avant la naissance du Mini-renard 😉 La cicatrisation se passe bien?
    Plein de bises!!

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  8. ptbichon dit :

    Encore cette semaine j’ai accompagnée une patiente dans un accouchement voie basse après une césarienne pour sa 1ère. Comme toi le bassin était limite et faut bien avouer j’étais pas hyper optimiste au début. Mais je comprenais tout à fait qu’elle veuille sa chance (nous on appelle ces cas des épreuves du travail).
    Et quand elle a eu la joie d’accoucher « normalement » j’ai eu une pensée émue pour toi (j’aime quand mes patientes me renvoient à mes copinautes 😍)

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    • Biquette dit :

      Que de jolies amitiés tissées via nos blogs.
      Je suis heureuse qu’on m’ai donné ma chance et en même temps c’était rassurant de savoir qu’en cas de pépin tout était prêt pour agir dans le meilleur intérêt du bébé.
      Gros bisous ❤

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  9. Ginette dit :

    Super de lire ce récit 🙂 Je suis très contente pour toi.
    J’ai également eu une déchirure du périnée complet 😦 qui m’a fait vraiment souffrir pendant 3 mois (je ne cicatrisais pas – comme pour mes cicatrices après la cœlioscopie …) et chaque passage aux toilettes (gloops!) était une épreuve. Je me souviens dire que c’était pire que l’accouchement … je hurlais et pleurais.
    Franchement, ça m’a un peu (beaucoup) traumatisé … ! Donc je compatis !

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    • Biquette dit :

      Ouch pas glops effectivement.Tout va bien à présent?
      Les premières semaines, je faisais de la gymnastique pour trouver une position qui me permettait d’uriner (angle de 45°, en appui sur mon pied droit – vas-y pour viser en même temps 😀 😀 :-D). J’avais perdu toute sensibilité et je devais appuyer sur ma vessie juste pour savoir si je devais faire pipi ou pas. Top glamour!
      Gros bisous. Je serais super heureuse d’avoir quelques nouvelles (et photos, je suis gourmande 😉 ) par mail.

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