Il est né le divin enfant [ACCOUCHEMENT – MILK]

Celui avec le début de la fin et la fin du début.

Mieux vaut tard que jamais. Ce n’est donc que 4 mois (et des bananes) plus tard que je reviens sur ma fin de grossesse et l’arrivée de mon mini-Biquet parmi nous. Cet article a deux objectifs. Tout d’abord, égoïstement, je souhaiterais garder une trace de ces événements. Ensuite, j’ai eu la chance de vivre une naissance « voie basse » après une césarienne et mon témoignage pourrait, qui sait, servir à une maman dans la même situation que moi.

Pour mini-Biquette, j’ai été très en forme jusqu’à la fin de ma grossesse. Les premières contractions que j’ai ressenties ont été celles du travail. A 8 jours de l’accouchement je montais encore à pieds les 4 étages qui me mènent à mon bureau.

Une grossesse n’est pas l’autre et mon troisième trimestre de grossesse pour le petit a été marqué par la présence de contractions régulières et fréquentes, toutes les 5 à 10 minutes, des bains à gogo (ça marche pas), un passage nocturne en urgence à la maternité, de multiples monitorings, le retour de la progestérone, la limitation des trajets en auto et un attachement tout particulier à mon canapé. Pour autant, bébé ne descendait pas et le col restait bien fermé. Ajoutez à ça une pelvimétrie limite et une préférence de ma maternité pour ne pas déclencher sur un utérus cicatriciel, une césarienne est programmée à 40 SA+1.

Le 30 janvier nous avons rdv à la maternité pour un énième monitoring et une échographie avec le doc McGentil. Pour la première fois depuis près de 3 mois le monitoring ne montre aucune contraction. Bébé va bien mais est toujours bien haut. Peu de doute pour le doc, en route pour la césarienne 12 jours plus tard.

Je ne souhaite pas une naissance voie basse à tout prix. Biquet et moi sommes préparés aux deux éventualités. Si le travail devait se déclencher naturellement le plan est de partir vers une césarienne semi-programmée : on met tout en place pour une césarienne dès mon arrivé à la maternité mais on tente la voie basse. Au moindre problème, zhou en salle d’opération. Nous espérons par contre très fort que Biquet pourra cette fois-ci être présent à mes côtés. Il  a signé les papiers nécessaires à l’avance et l’anesthésiste a noté en grand sur notre dossier ce souhait.

Nous passons un réveillon très agréable à la maison avec mes parents. On annonce de la neige pour les jours qui suivent. Ça m’inquiète un peu. Par chez nous, neige rime avec conditions de circulation désastreuses (mes parents s’en souviennent encore pour ma naissance, lors d’une tempête de neige en janvier, quasi 35 ans auparavant). De plus, mes beaux-parents qui doivent venir chercher la petite lorsque nous partirons à la maternité ne savent pas rouler pas sur la neige.

C’est le premier jour de l’année 2017. Je flippe car ni le berceau ni le parc ne sont montés. Il est 14h30, la chambre du bébé est enfin prête. Les contractions reviennent en douceur. J’envoie Biquet qui tient absolument à ce qu’on aille se balader en famille chez ses parents. J’insiste pour qu’il prenne la valise de la petite avec, ne sait-on jamais. Le début du travail semble se confirmer. Les contractions sont de plus en plus fortes et fréquentes. Vers 20h je téléphone à la maternité alors que les contractions ne sont séparées que de 4 minutes. On me dit de venir tout de suite et on lance le fameux plan « césarienne semi-programmée ». Boréal, Biquet est encore chez ses parents. Tout zen, il me demande si je peux attendre qu’il prenne le dessert (Naaaan, y’a déjà 35 minutes de route jusqu’à la maison et environ 20 de la maison à la maternité). 22h, nous arrivons à la maternité. Les contractions se suivent sans cesse et je douille bien. Col ouvert à seulement 2 doigts malgré la fréquence et l’intensité des contractions. Ça craint pour la suite… On m’installe rapidement la péridurale, obligatoire dans notre plan.

Contre toute attente, le travail évolue normalement (on parle de moi là ?). La poche des eaux est percée. Bébé descend et le col s’ouvre. Je suis la seule patiente de la maternité. La sage-femme, l’anesthésiste et le gynéco m’accompagnent en toute zennitude. C’est une belle nuit.

Je sens malgré tout que cette tentative d’accouchement voie basse après une césarienne n’est pas sans risque. J’ai des capteurs partout, y compris dans l’utérus. Bébé ne supporte plus trop les contractions. On me met sous oxygène et bébé hérite d’un capteur direct sur la tête.

Le 2 janvier, 3h environ. Ouverture complète du col. En route pour la voie basse. Je verse quelques (litre de) larmes. Boréal, on l’a fait !

La péridurale a été stoppée depuis un moment afin que je sente l’accouchement. Pourtant, jamais je ne ressentirai ce besoin impérieux de pousser que d’autres décrivent. La douleur est bien présente, en particulier au niveau de ma cicatrice de césarienne. Je dois pousser contre cette douleur, Biquet est à mes côtés et m’encourage.

Soudain, nous voyons la tête du gynéco changer. Il dit quelques mots à la sage-femme. Sa tête change aussi. Nous demandons ce qu’il se passe. On ne nous répond pas. Nous comprendrons plus tard qu’à ce moment-là nous avons été à deux doigts (héhé) de partir en salle d’opération. Tout se passe alors très très vite. Le stress est palpable. Plus personne ne parle ou ne plaisante. Le doc m’explique qu’il va devoir utiliser les forceps. La tête du petit est coincée dans la partie inférieure de mon bassin, particulièrement étroite. J’entends le grand « chlac » de l’épisiotomie (« d’un bout à l’autre » me dira la sage-femme qui fera les soins les jours qui suivent). Sur les 2-3 contractions suivantes le petit est décoincé et sorti. Il est 3h55 ce 2 janvier 2017. Dehors, il neige à gros flocons.

On le pose sur moi. C’est le plus beau moment de ma vie. Rien que pour ces quelques secondes je voudrais ré-accoucher. Je chiale (encore). Le petit est tout mou. Le pédiatre l’emmène. Mini-Biquet a un peu trop bu la tasse. Son score Apgar n’est pas très bon et diminue à la deuxième évaluation. Ça dure, longtemps.

Pendant ce temps, le doc procède à une révision utérine pour vérifier l’état de la cicatrice. Ouf, tout va bien. On me recoud, ça semble n’en plus finir. Le doc me prévient que je le détesterai dans les jours qui suivront (je confirme).

Le petit est à nouveau dans mes bras. Il est encore un peu faible et chouine doucement. Il nous paraît minuscule. Ça y est, nous sommes 4 ❤

Un heureux concours de circonstance a fait que j’ai pu accoucher par voie basse: un déclenchement naturel du travail avec un peu d’avance, un bébé un peu plus fin que sa grande sœur, un médecin expérimenté qui a su rapidement prendre une décision. Je suis heureuse d’avoir pu vivre ce moment unique. Néanmoins, tout est passé de justesse et a posteriori, avec les informations que nous avons à l’heure actuelle, la solution la moins risquée pour le bébé et moi aurait probablement été la césarienne programmée.

Je n’ai pas trouvé les suites de couches tellement plus faciles qu’après la césarienne. Comme prévu, j’ai beaucoup maudit le doc et l’épisio. J’ai dû tester plusieurs anti-douleurs avant d’en trouver un qui fonctionnait et les poches de glace ont été mes amies pendant quelques jours. Sans rentrer dans les détails, à l’heure actuelle, j’en suis encore à me demander comment il est possible de faire un enfant sans PMA après un accouchement dit « naturel ». Le petit a aussi mis un temps avant de se remettre de l’accouchement. Des nausées et vomissements l’ont fait souffrir. Les débuts de l’allaitement ont été un peu chaotiques.

Aujourd’hui, nous allons bien et c’est l’essentiel.

Et il y a ces quelques secondes où mon petit a été posée sur moi, cette bouffée d’émotions qui restera à jamais gravée dans ma tête et dans mon cœur.  

Des gouttes d’eau pour Béné 

Celui où je vous contais une histoire

Bénédicte et moi avons grandi à quelques centaines de mètres l’une de l’autre.  

A 8 ans, elle jouait Marie dans la crèche de Noël de notre quartier.  Je n’étais qu’un ange (jalousie). 

A 12 ans, nous avons bien grandi et sommes diamétralement opposée, elle jeune ado fonceuse, moi petite fille sage. Nos parents qui sont amis nous organisent néanmoins des vacances ensemble. Elle me pousse à sortir de moi-même. Des heures à pousser ce cuistax en haut d’une côté pour la dévaler ensuite à toute vitesse. Liberté , fous rires, et puis des glaces aussi.  

Nous avons 13, 14, 15 et puis 16 ans et ne fréquentons pas la même école mais le bus nous dépose au même arrêt et c’est en papotant que nous marchons jusqu’à nos domiciles respectifs. 

18 ans, nous nous retrouvons sur les bancs de la fac. Une belle amitié débute alors. Nos différences nous rapprochent. Nous « blocons » ensemble (bloc = période d’étude intensive avant les examens). Je l’aide à fabriquer ses costumes pour son baptême estudiantin (le costume de boulette restera notre chef d’oeuvre du genre).

2010 – Nos routes se sont géographiquement séparées mais nous gardons le contact. C’est l’année de nos mariages respectifs. Elle épouse Alex et moi Biquet. De belles fêtes où nous répondons évidemment présents.  

Mars 2016 – Nos familles se sont agrandies. C’est à 7 (et congelés, vive la Belgique 😁) que nous faisons le premier barbecue de l’année. 

Novembre 2016 – Alors que j’ai l’immense chance de porter la vie le sort frappe à la porte de Bénédicte. À 35 ans, elle est victime d’un AVC qui la laisse dans un état rare et grave appelé LIS, locked-in-syndrom ou syndrome d’enfermement. Bénédicte a toutes ses facultés cognitives et intellectuelles mais est totalement paralysée, à l’exception des paupières. Ce syndrome a notamment été porté à l’écran via le film « le scaphandre et le papillon » basés sur un roman autobiographique du même nom. 

Février 2017 – Nos deux famille dorment peu mais pas pour les mêmes raisons. Alex compte bien reprendre une vie amoureuse et familiale avec son épouse, mais pour cela, il a besoin de construire une maison adaptée. Ce projet a un coût, 1.5 millions d’euros

Alexandre a une idée folle, bénéficier d’une multitude de tout petits dons, l’équivalent de 1/1000 ème de notre revenu mensuel. Vous gagnez 700 € ? Faites un don de 70 CENTS.

Le principe tient en 2 points essentiels: 

1) Effectuez un don d’un millième de votre revenu mensuel, 

2) Parlez en autour de vous.  Partagez un maximum l’histoire de Béné et Alex via notamment la page Facebook de leur initiative.  

Voici une vidéo où Alex explique qui ils sont, ce qui leur est arrivé et ce qu’ils nous demandent. 

Des gouttes d’eau pour Béné – Alex

Une autre vidéo, plus courte, réalisée par la grande soeur de Bénédicte et résumant le tout.  

Des gouttes d’eau pour Béné – Dominique 

La page Facebook de leur initiative 

Des gouttes d’eau pour Béné – Facebook 

et puis finalement une plate-forme pour effectuer nos dons

https://www.okpal.com/desgouttesdeaupourbene

Lui [MILK]

Celui avec le petit frère 

Il y a un mois tout pile, notre micro Biquet voyait le jour. 

Il y a un mois tout pile je vivais cette naissance voie basse que j’espérais. Nous apprenions en même temps la raison de l’échec de travail pour notre mini Biquette: la forme particulière de mon bassin, trop étroit dans le bas. Notre micro Biquet à eu la bonne idée de venir au monde avec un petit peu d’avance et sa plus petite taille lui a permis de passer tout juste (merci les forceps). Nous avons échappé de justesse à une nouvelle césarienne d’urgence. Cette explication physiologique me fait un bien fou car elle vient mettre un terme à la culpabilité que je ressentais face à la césarienne pour la petite. Non, ce n’était pas ma faute car je ne m’étais pas projetée ou préparée. Ce n’était donc pas dans ma tête  (on y revient toujours…). 

Notre micro Biquet est aussi blondinet que sa soeur était brunette. Il est tout aussi magnifique (en toute objectivité bien évidemment). C’est un adorable petit ogre. Autant vous dire que le terme « micro » n’est plus d’application depuis longtemps déjà. Hormis les coliques c’est un petit pépère tout calme. 

Sa grande soeur est sa première fan. Nous redoutions sa réaction et d’éventuelles crises de jalousie. Il n’en est rien. Mini-b parle beaucoup de son petit frère, lui fait des câlins et des bisous. Elle materne sa poupée, reproduisant tous mes gestes (y compris l’allaitement). Je ne vous cache pas qu’il y a des moments plus compliqués où elle ne comprend pas que je ne peux pas m’occuper d’elle là et maintenant mais dans l’ensemble ça se passe bien. 

De mon côté je suis une maman comblée mais épuisée. Moi qui avait peur de ne pas aimer autant ce deuxième bébé je découvre que mon coeur ne se divise pas, ne se dédouble pas mais se multiplie à l’infini.  Je fonds totalement devant les regards « amoureux » et les premiers sourires de mon fils. Je craque littéralement quand mini B me parle de son « frar ». Je ne me tiens plus devant leurs premiers gestes de complicité. 

Tous les jours je me surprends encore à parler de mes enfants, ma fille, mon fils. Que de chemin parcouru depuis mes débuts sur la blogosphère. Je suis « maman », boréal!! Je vous souhaite à tous cette chance immense et plus encore ❤

Pour Pivoine, 

Pour tous les petits Anges envolés bien trop tôt, 

Pour tous les Mamans et Papas Anges, 

Pour toutes les petites étoiles ayant fait étinceler l’espoir dans le coeur de leurs parents l’espace d’un instant, 

Pour tous les parents sans enfant, 

Auteur anonyme

Ce que chaque ange dit à sa maman.

« Me glissant au creux du ventre de celle qui m’a tant désiré

Je ressens déjà son amour, le bonheur que je lui ai procuré,

J’entends son coeur qui bat, cette douce mélodie qui me berce,

Je sens la chaleur de ses mains, la tendreté de ses caresses.

Elle me parle, me dit combien elle m’aime,

Moi aussi maman, tu ne peux t’imaginer à quel point je t’aime,

Me voilà, simplement qu’un infime petit être,

Un petit être qui grandit de jour en jour et qui n’attend qu’à naître.

Mais que se passe t’il, que m’arrive t’il ?

Moi qui étais tellement bien, en sécurité, enveloppé,

Pourquoi me retire-t-on de ce nid qui m’était offert ?

Pourquoi m’enlève t’on la chance de vivre sur cette terre ?

Je ne sais pas où je me dirige, où je m’en vais,

Je ne comprends ce qui m’arrive, ce que j’ai fait,

Maman, je voulais tellement vivre et dans tes bras m’y retrouver,

Je ne t’ai que trop peu connu, mais tellement aimé.

Défilant devant la lune et les étoiles, je survole maintenant cette terre,

Côtoyant les nuages, je suis un petit ange dans cet immense univers,

Regrettant de tout coeur le malheur que vit ma mère,

Je ne cesse d’entendre sa voix qui m’appelle et qui m’espère.

Arrêtant devant ma maison, je regarde à la fenêtre,

C’est elle, qu’elle est belle, qu’elle est douce, elle était parfaite,

Je l’entends qui m’appelle, je ressens tellement son amour maternel,

J’entends ses prières, je l’entends supplier le ciel.

Maman, j’aimerais terriblement mettre un baume sur ton coeur,

Le soulager, car il est tellement meurtri par la douleur,

Je désirais sécher tes larmes et ne pas t’incomber ce malheur,

Revoir seulement ton sourire, celui qui était rempli de bonheur.

Je ne suis qu’un ange qui a seulement envie de se retrouver,

Dans les bras de celle qui m’était destiné,

Mais la vie, contre mon gré, en a décidé autrement, N’oublie jamais à quel point je t’ai aimé maman.

Elle [MILK] 

Celui avec des nouvelles en vrac.

Elle vient d’avoir 18 mois, deux fois plus de temps out que in.
Elle est notre petite puce adorable et adorée.

Elle est (on espère « était ») sujette aux otites à répétition. Elle a de nouvelles oreilles depuis peu (c’est en tout cas les mots qu’on a utilisé pour lui expliquer la pose des drains).

Elle marche, court et grimpe.

Elle est notre rayon de soleil.

Elle fait des bisous et des câlins ; aux images dans ses livres, au chat, à sa poupée, à ses doudous, et plus récemment à nous. #EnfantIngrate

Elle adore manger et réclame de gouter vider le contenu de nos assiettes à coups de « ham ham ham ». Elle aime en particulier les olives noires.

Elle n’aime pas partager, ni ses parents ni ses jouets.

Elle est trop petite pour comprendre le chamboulement qui l’attend avec la venue de son petit frère. Pourtant elle réclame répétitivement qu’on lui lise « il y a une maison dans ma maman » et fait des bisous à mon ventre.

Elle rit, elle lit, elle vit.

Elle a passé (avec succès) ses premières vacances chez ses grands-parents.

Elle voue une passion au chat (mot qu’elle prononce avec un crômeugnon cheveux sur la langue). La passion n’est pas partagée par le chat. #EuphémismeDuJourBonjour

Elle m’appelle « Papa ». #EnfantIngrateBis

Elle est notre petite poupée, avec ses crolles (#CoucouLesAmisBelges) et ses grands yeux bleus.

Elle fait de nous des MILK et FILK épanouis.

L’espoir [GROSSESSE]

Celui où, …, comment te dire ?

Comment te dire, à toi qui attends sur le quai depuis si longtemps, à toi qui n’as plus d’espoir, à toi qui vois défiler les trains et les gros ventres ?  Il n’y a pas de bonne façon de te l’annoncer et je sais combien cette nouvelle peut faire mal au cœur. J’aurais tellement voulu la roue ait tourné pour chacune d’entre vous, que la nature respecte la règle du « chacun son tour ».

Je suis aujourd’hui enceinte de 3 mois, un bébé couette comme on dit.

Pourquoi dès lors venir « parader » sur une blogo PMA ?

J’ai longtemps hésité à  déserter ce blog. Et puis je me suis revue il y a environ 4 ans. Je découvrais des termes barbares, « tératospermie », « endométriose », « spotting » et me demandais quels étaient leurs impacts sur nos chances de devenir parents. L’ami gogole m’emmenait gentiment subrepticement  sur les forums que nous connaissons toutes où je me perdais dans des témoignages parfois sérieux, souvent farfelus. Mes questions sur la tératospermie en particulier restaient sans réponse. « Il en suffit d’un », oui mais un, c’est combien en vrai ? Alors voilà, aujourd’hui j’ai envie d’apporter mon témoignage, il vaut ce qu’il vaut, en espérant redonner un peu d’espoir à une galérienne qui passerait par là.

Une année (14 ou 15 cycles je crois), c’est le temps écoulé entre mon retour de couche et la jolie nouvelle. Nous avions décidé de skipper l’option contraceptif et de laisser faire la nature (puisqu’il paraît qu’il ne faut pas y penser). J’ai essayé de ne pas y penser, de ne pas compter ; ça n’a pas fonctionné (ah ben non). Et puis les signes que je connaissais trop bien sont revenus : règles douloureuses, douleur de contact rendant impossible l’utilisation d’un tampon ou d’une coupe, cycles courts (23-24 jours) et spotting. Le doc McGentil évaluait mes « chances » de retour de l’endo à environ 50% sur une année. Nous avions fait le pari d’être du bon côté des stats. Nous avions oublié que la stat à l’échelle individuelle ça ne vaut rien, c’est soit 1 soit 0, rien entre les deux. Nous avons alors essayé d’y penser, de compter, puis finalement de « relancer la machine » à commencer par un bilan hormonal via ma généraliste. Pds à J3 parfaite, une montée de lait on ne peut plus bizarre à j21 (le symptôme à la noix) et puis finalement un test urinaire positif à j23 (l’avantage des cycles courts).

Les larmes, intarissables, devant cette deuxième ligne rose. L’émotion, l’incrédulité. Un premier taux mesuré rétrospectivement sur l’échantillon de sang J21 à 8iu/L suivi d’un deuxième à 37iu/L 48 heures plus tard. Ma généraliste me prépare à l’éventualité d’une FC en raison des taux bas.

Nous partons en vacances le lendemain. La peur et l’espoir nous accompagnent. L’arrivée des saignements, quelques caillots, à plus de 1000km de chez nous. L’angoisse, la certitude que « tout est fini ». Le soutien sans faille des copinautes pmettes. Un nouveau taux à 273iu/L. Le retour de l’utrogégueu dans mes FDC.

Une période très chargée au niveau professionnel. L’arrivée en fanfare des nausées si rassurantes. Une conférence suivie d’une semaine de workshop avec les collègues internationaux.

Une première échographie à un peu plus de 7SA (selon mes calculs) montrant un petit cœur qui bat. Un embryon un peu petit peut-être, toujours d’après mes calculs. L’arrêt de la progestérone à 8SA.

Une deuxième échographie réalisée à environ 9SA par le doc McGentil. Un moment d’émotion partagé à 3 : malgré sa longue expérience, le doc s’émerveille toujours devant la magie d’une échographie et d’un embryon en pleine forme.

Le retour des saignements, et de la progestérone :-/

Une échographie T1 parfaite, vécue avec ma maman en l’absence de Biquet. Un tritest « entièrement rassurant » selon le doc (BINGO !!). Un billet de train qui semble valide 🙂

Peut-on parler de « miracle » ? Suis-je « Gertrude* » ? Je ne pense pas. Au vu de notre histoire, il semblerait que l’endométriose soit notre principal souci (probablement couplé avec un petit truc au niveau de la progestérone). Malgré les doutes, l’opération fut pour nous la bonne décision. Le retour d’une certaine fertilité mais aussi une nette amélioration de ma qualité de vie. Les effets ne sont malheureusement pas éternels. Mais je connais à présent mon ennemi et sa ténacité.

*Mais puisque je te dis que j’y ai pensé, beaucoup, et que j’y ai pas cru, du tout 😉    

Et la tératospermie dans tout ça ? Biquet n’a pas fait de spermogramme depuis le yack gagnant. Nous n’avons donc aucune certitude. Cependant, entre temps, il avait repris la cigarette. Il y a donc peu de chance que les choses se soient améliorées. Pour rappel, il y a 4 ans, il y avait seulement 3% de typiques (ça a bougé entre 2 et 5% selon les tests et le niveau d’intoxication au tabac) ainsi qu’une concentration oscillant autour de la limite inférieure de normalité.

20160608_074625

Mes becs de cigognes, en fleurs au début du printemps

Tout ça pour dire que parfois la vie nous fait de merveilleux cadeaux.

Je vous souhaite à tous et à toutes le meilleur, l’espoir, le bonheur, la sérénité au bout de votre chemin.

 

Je suis.

Celui où c’était brut de décoffrage

Le 22 mars, 7h45. J’arrive au boulot. Un peu plus tard. Ma collègue me parle d’une explosion à l’aéroport de Zaventem. Je lance le fil de l’actualité de mon journal préféré et découvre l’horreur. Nouvelle explosion dans le métro.  

Je ne vis pas en France mais les attentats de Charlie puis de Paris m’avaient particulièrement touchée. S’en étaient suivis des nuits hantées de cauchemars. Je suis une terroriste prête à me faire exploser. J’hésite. J’appuie sur le détonateur. Je regrette instantanément ma décision mais il est trop tard. Je me réveille, le cœur battant. Je me lève, je vais voir que ma petite puce dort paisiblement. J’ai peur de me rendormir. J’essaye de caler ma respiration sur celle de mon amoureux. Des terroristes entrent chez moi, je cherche à tout prix à protéger ma famille. Je ne suis pas assez forte. Je me réveille, en larmes, le cœur battant. Je me lève, la peur au ventre, mais avec ce besoin vital de vérifier que personne n’est entré chez moi et que mon homme et mon bébé dorment paisiblement. Je me munis d’une pseudo arme de défense (je vais déposer un brevet pour ma pantoufle anti-terroriste #OuPas), j’allume toutes les lampes. Je passe le reste de la nuit sur le canapé, les yeux grands ouverts.

Dernièrement, on me demandait comment je vivais les événements liés au terrorisme en Belgique. Nous étions toujours au niveau d’alerte 3 depuis ces jours de novembre, mais nous avions « appris » à vivre avec. L’insouciance avait gagné, bien temporairement, naïfs que nous sommes, la partie.

J’habite et je travaille dans une province à côté de Bruxelles. Pour ma famille et mes amis, c’est Bruxelles. Pour les personnes rencontrées lors d’un lointain séjour linguistique, la Belgique c’est Bruxelles. Je suis assaillie de messages demandant des nouvelles. Je me sens toute vide. Je réponds que je vais bien. Est-ce vrai ? Le monde m’agresse. Cette vie qui continue malgré l’horreur me dépasse. Je me coupe de tout, casque sur les oreilles. Fin de journée. Je m’écroule.

Les larmes ne quittent plus le bord de mes yeux ni le casque mes oreilles. Je continue à suivre l’actualité en direct. Les photos des victimes et personnes recherchées commencent à être publiées. Je redoute d’y voir un visage familier. Je ferme les yeux. Je les ouvre et découvre les photos, témoins d’un temps plus heureux, partagées par les familles. Ouf, ce sont des « inconnus ». Mais ma douleur ne s’estompe pas.

Je lis ce monde qui se croit innocent, qui accuse l’autre de tous ses maux. Les croyants versus les non-croyants. L’Islam versus le christianisme. Molenbeek versus les villes et pays « purs ». Les méchants immigrés. Les gentils Européens (de l’ouest…). Avons-nous oublié que nos cultures, au nom de la religion, ont aussi assassiné ? Avons-nous oublié qu’au nom de la paix (ou du pétrole) nous bombardons ?

J’émerge. La vie continue. Je ne suis plus l’actualité en direct. Je me recentre sur ma petite vie. L’insouciance reprend le dessus. Pour combien de temps ?

ccad8731-a3d9-4348-91b6-3018b669da5a_500

Je suis Charlie. Je suis Paris. Je suis Bruxelles. Je suis si triste. Je suis désolée. (Je ne suis toujours pas Gertrude, mais ça c’est une autre histoire)  #WorldPeace